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Écrit par Ben Galland    Vendredi, 30 Octobre 2009 00:00   
Toubkal Trail... courir sur la lune
altLe mercredi 7 octobre au soir, c'est un peu l'auberge espagnole dans le petit village berbère de IMLIL, dernier bastion de "civilisation" (tout est relatif , on est au Maroc) situé à 1467m d'altitude.
Sous les tentes berbère ca parle Italien (la grande majorité des coureurs), anglais; francais, marocains. On mange , on boit , l'ambiance est joyeuse sous le soleil déclinant derrière la montagne.

Les esprits sont tout de même tournés vers la course de demain, le toubkal trail. 1ère édition de cette course de 125km avec 9000m de dénivelé, un passage a 4163m et 6 cols à plus de 3000m.

Des pentes infernals sur des sentiers de cailloux, terre et sable...c'est ce que promet la plaquette....il faut être prêt.

La plupart des concurrents sont des "aventuriers" de l'ultra, beaucoup on accroché le marathon des sables, la badwater, les 100km du sahara, course au chili, au népal .....on ne doit pas être beaucoup comme moi à être la pour acquérir une première expérience de l'ultra.
altMon temps de co
urse le plus long se limite à la CCC (13h30); je pars vraiment dans l'inconnu, sans aucun stress ni aucun objectif, si ce n'est celui de me faire plaisir et de me confronter à moi même.

Le jeudi matin, le départ est donné à 5h30. Une ribambelle de frontals éclaire la nuit. Les marocains, très démonstratif, crie à tue tête et se place aux avant poste.

Dès le début le ton est donnée, une longue monté assez roulante nous emmène vers le premier col, à 2479m. Je fait une belle monté mais part un peu vite, dans l'euphorie général.
S'ensuit 100m de D- pour ensuite attaquer vraiment le pentu, 1200m D+ nous emmène au refuge du toubkal à 3160m, jai déja la tête qui tourne et le sang qui cogne dans les temps. Effet double de l'altitude et d'une montée trop rapide.
Je m'arrête à peine pour manger et remplir le camel, je n'ai pas faim. J
'attaque donc rapidement la monté vers le toubkal , pour y parvenir il faut monté 1000D+. Toute la monté se fera comme dans un rêve, pas inconscient mais pas vraiment conscient non plus, je me concentre sur le balisage et sur les randonneurs qui descendes, jai les tempes qui cogne mais ma respiration est lente.
En chemin je croise les premiers qui redescendes, dont jerome challier, apparament en forme.
Enfin à 11h00 du matin j'atteind le sommet, je me sent un peu mieux mais je pointe rapidement,  afin de redescendre assez vite.  (je prend des photos quand même).

Pendant la redescente je croise fanny qui monte, un bisou magique et c'est reparti pour cette pente raide, caillouteuse ou il faut être très vigilant pour ne pas tomber et arreter la course au 25ème km.
altOn profite de l'élan de la descente pour passer le 4ème col (3670m). C'est ensuite une pente de 1400m de D+ qui nous attend pour arriver sur le lac d'ifni. 2h de descente non stop avec des cailloux qui roule sous les pieds; parfois se sont des gros blocs qui bouge sous les appuies. Au bout nous attend un magnifique paysage avec le lac en toile de fond.


Se sera le seul endroit plat du parcour, plat ne veut pas dire roulant car avec la quantité de cailloux le long du lac, ca ne court pas très vite.
s'ensuit encore de la descente pour nous ramener à 1700m, de la commence la monté la plus longue de la course (1320m),pour nous amener au 5èmè col, le tizi n'ououraine.
J'arrive en haut à 18h, la pénombre ne vas pas tarder. Il reste encore 5 cols à passer, la nuit va être longue.
Depuis le lac, jai un compagnon de route; un marocain guide de montagne qui est chez lui sur cette course. Tacitement nous avons décidé de rester ensemble, aspect pratique à l'approche de la nuit. On s'attend mutuellement, on parle peu mais la présence est rassurante pendant cette nuit en terrain étranger ou il arrive de croiser de locaux, des chiens  et beaucoup de chèvre.

altNous arrivons au  village de tachedirt à 22h, nous somme au km 80. Le problème est que dans la descente vers le village, marqué sur le road book comme étant la plus raide de l'atlas, jai laissée les derniers muscles de mes cuisses. Comme je m'alimente très mal jai dénaturé mes fibres très rapidement, les 5000m de dénivelé négatif restant vont être long. A ce ravito j'en profite pour me changer (un sac d'allègement nous attend).
Devant nous arrive les kms les plus techniques et long de la course, puisque nous mettons 8h pour effectuer 16KM. Les deux cols me semblent interminable, des lacets à n'en plus finir dans une nuit d'encre.
C'est dans  ce troncon que je dépasse jerome challier, en proie a des vomissement et qui a passée une sale nuit.
Avec le petit jour nous arrivons a la station de ski d'oukaimeden, au km 100. Le moral est au beau fixe, plus que 25 km et surtout nous avons passés les 6 cols a plus de 3000m. Pour la première fois depuis 25h, nous évoluons (avec le mal de cuisse jai du mal à courir, mon binome à lui mal au genou) sur une grande piste de terre qui nous rapproche de l'arrivée. Nous passons le 9ème col sans difficultés pour basculer et repasser à tacheddirt pour la deuxième fois. c'est le dernier ravitaillement de la course et le soleil cogne fort malgré qu'il soit 10h du matin. Jerome challier arrive quasiment en même temps que nous, il a retrouvé la santé et à des jambes. Nous le laissons donc partir et effectuons les derniers 13km tranquillement, en profitant des dernières heures de course. Nous trainassont tellement que dans le dernier col un concurrent est revenu pas très loin. Nous remettons donc un coup de collier pour rallier l'arrivé a 12h30 après 31h de course, en 10ème positions.

altLe bilan est dans l'ensemble positif, une très belle course, très dépaysante avec un terrain que nous n'avons pas en france.  Pour ma première expérience sur ce temps de course jai finit plutot en forme (tout est relatif), malgré une gestion de course anarchique (parti vite, presque rien mangé ) je nai pas eu de fringuale ni de coup de pompe.
J'aurais découvert une course "locale" avec des ravitaillements sans chaises ni poubelles, avec des locaux qui dans l'ensemble ne pensent pas à réchauffer du thé ou refaire de la semoule.
J'aurais découvert aussi la mentalité local, ou je met 15mn à récupérer mon sac alors que mon binome l'aura en 2mn.
Le premier marocain (et surement les autres) qui suivent leurs propres itinéraires pour arriver au point de passage.
Et ce qui ma fait le plus de peine (du point de vue sportif) , c'est de voir la personne avec qui jai couru 21h, que jai aidé à porter le drapeau marocains sur les derniers hectomètres, sprinter à 100m de la ligne pour me mettre 10s.

Ce ne sont que des détails qui n'occultent pas le fait que c'est une très belle expérience à vivre, ou jai rencontré des gens attachants et me suis fait plaisir en me battant avec moi même.
Written by :
Ben Galland
 
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